jeudi 20 août 2015
accepter sans se pardonner
Je trouve qu'il y a quelque chose d'eminnament présomptueux dans l'idée de se pardonner à soi même. Et que la réalité de ce qu'il faut bien appeler un abus de langage est, en fait, l'acceptation, issue finale d'un processus de deuil. Parce qu'on a cru bien faire, que la réalité s'est révélé toute autre et qu'en fait, la mort de cette croyance finit par son acceptation profonde. Ainsi, le regret sera éternel mais la peine qui y est attachée aura disparu, à force de temps et de mots, selon le vieil adage que la parole divise la peine et multiplie la joie. Ce ne serait donc plus sur le pardon à soi qu'il conviendrait de se pencher, mais sur l'acceptation. De cela découlerait alors que le pardon est le fruit d'autrui qu'on ne peut en la matière que recevoir et non se délivrer ? Et qu'adviendrait-il de quelque chose d'accepté mais de jamais pardonné par l'autre ?
mardi 18 août 2015
Chloto filant chez Hadès
Tic tic tic.
On est très proche là,
On verrait presque les imperfections de la manucure de cette dame.
Tic tic tic
C'est le cliquetis de ses aiguilles à tricoter.
Dans le métro à la lumière jaune, elle tricote, noir sur noir sur noir. J'espère que c'est une écharpe pour adulte.
Tic tic tic.
En fait je l'ai perçu à travers ma propre musique. Ce son inattendu, inhabituel, tant discret que charmant. On voit les boucles s'enchaîner avec une maestria tellement familière mais tellement étrange.
Ça rappelle la scène de reconstitution dans le 5ème élément et le ballet des tireurs de fil et la perfection du résultat.
Tic tic tic.
C'est comme un petit frère du cliquetis des roues du wagon sur les rails éternels du métro. C'est entêtant et aussi bien rythmé qu'un batteur de jazz.
En fait, ça tricote de l'amour là, dans ce chaudron des aventures humaines.
Il y a l'envie que suscite cette dextérité. Et aussi le ballet des doigts autour du nœud, complètement envoûtant. Cette couleur noire de l'écharpe qui sera épaisse et lourde sur les épaules quand sera venu le vent de septembre. La tête gardée bien droite par cette minerve filée d'amour. Cet objet que l'on utilisera tant de matins, comme un talisman contre les forces du mal. Un tuteur, forgé à la main dans les entrailles de la terre parisienne par cette aïeule tellement riche d'amour et de sagesse.
C'est une cotte de maille contre la fuite d'estime de soi, un renfort d'amour propre. C'est ce soutien qui manque parfois tant.
C'était une grand-mère qui tricotait une écharpe noire.
Et j'en aurai pleuré.
birthday note
It's 11 past 20, or 40 minutes to your birthday.
I've been thinking of you the entire day, knowing that'll be your birthday in now 40 mn.
Few days ago we were lost place Pigalle, 3 am in the morning, about to have one of the most memorable parties we had.
Yesterday you got married and I witnessed this. I can tell tale of of this moment again and again to whoever would need to.
Last night your wife and yourself got kids, in a jiffy, just like this. I remember when you told me your first born was on his way Earth, filming me and how you got amazed as I kept there dumbstruck. You probably misunderstood me. I was dumbstruck. Mesmerized. As time suddenly threw me back by sheer acceleration. He then came, marvelous. And I still need to be properly introduced to his younger sister.
I saw you getting better, I saw your wife getting more beautiful as time passed. And still we keep on meeting everytime and I keep cherishing the moments we spend together, wherever that is.
Know you are loved.
You two are admirable and weird as it seems, that still is a great source of comfort and energy to me.
Know you are loved.
jeudi 13 août 2015
iPhone trick
Prenez votre iPhone, commencez un nouveau statut et utilisez le mot du milieu de la suggestion orthographique.
Répétez jusqu'à obtenir un paragraphe :
"C'est un truc qui va me dire qu'il est en train de me dire qu'il est en train de me dire qu'il y avait une fille de la musique de la vie de moi je vais pas assumer."
C'est pas très français, l'algorithme derrière est assez transparent mais moi, ça me parle.
Pour les plus curieux, poussez l'essai dans une texte à part et davantage qu'un paragraphe.
vendredi 24 juillet 2015
la brume et la révolution
Je vis l'un de ces matins demi-brumeux qui succède à une nuit agitée qui fermait une journée grinçante. Lorsque la nuit à retraité, à la façon d'une station d'épuration, le flot de nos pensées, en a soustrait les produits toxiques, les composés dangereux et les encombrants. Pour laisser revenir à la surface l'essentiel de nos préoccupations ou de nos anxiétés ou de nos joies, comme une sorte de puissant agent nettoyant. C'est là, au cœur de ce courant transparent qui reprend peu à peu ses droits sur la pollution des pensées de la veille, qu'apparaissent à nouveau ceux dont le souvenir mouille nos yeux de la rosée de la nostalgie, ceux dont l'image redessine nos lèvres en un parfait O d'admiration, ceux dont la pensée illumine notre visage d'un croissant de sourire magnifique et irrépressible. C'est là que nous reprenons inlassablement, jour après jour, le cœur de combattre l'adversité, la bêtise, l'ignorance et d'affronter notre propre faiblesse, notre si tentante mauvaise foi et notre lâcheté, celle qui nous fait nous détourner de nos vrais vœux, de nos vrais amours, de nos vraies ambitions, de nos vrais combats.
Lorsque cette force nous saisit à nouveau, que la brume se déchire en un instant et que le paysage de notre vie nous est révélé avec une acuité rare et une altitude époustouflante, à la façon d'un oiseau de proie puissant et tranquille, et qu'apparaissent à nouveau les manquement grossiers qui sont les nôtres, ceux qui seront nos luttes quotidiennes dans un mois, une semaine ou dès demain, alors nous avons sur nous-même une emprise totale, de celles qui font les pyramides ou les dynasties. Alors nous sommes ces humains au cœur desquels se niche un univers entier. Alors l'on peut croire à la révolution, alors l'on peut affronter des murs d'incompréhension, alors on peut exister davantage qu'être ou simplement survivre.
Je voudrais ça chaque matin.
Lorsque cette force nous saisit à nouveau, que la brume se déchire en un instant et que le paysage de notre vie nous est révélé avec une acuité rare et une altitude époustouflante, à la façon d'un oiseau de proie puissant et tranquille, et qu'apparaissent à nouveau les manquement grossiers qui sont les nôtres, ceux qui seront nos luttes quotidiennes dans un mois, une semaine ou dès demain, alors nous avons sur nous-même une emprise totale, de celles qui font les pyramides ou les dynasties. Alors nous sommes ces humains au cœur desquels se niche un univers entier. Alors l'on peut croire à la révolution, alors l'on peut affronter des murs d'incompréhension, alors on peut exister davantage qu'être ou simplement survivre.
Je voudrais ça chaque matin.
vendredi 12 juin 2015
paris-bercy, vendredi soir
Bien sûr c'est Vendredi pour tout le monde.
Bien sûr il fait chaud.
Bien sûr le soleil cogne sur la tôle du wagon de ce train bloqué en gare de Bercy.
Tout ça use un peu davantage votre patience déjà lourdement érodée par une journée normale.
Mais c'était sans compter avec le sport national. Alors je vous relaie avec un plaisir grinçant les commentaires horripilants et seulement tristes de mes co-voyageurs.
Ça m'aide à passer le temps :
J'arrête là. Le train part et tout le monde applaudit jaune. Je ne savais pas que c'était possible.
Bien sûr il fait chaud.
Bien sûr le soleil cogne sur la tôle du wagon de ce train bloqué en gare de Bercy.
Tout ça use un peu davantage votre patience déjà lourdement érodée par une journée normale.
Mais c'était sans compter avec le sport national. Alors je vous relaie avec un plaisir grinçant les commentaires horripilants et seulement tristes de mes co-voyageurs.
Ça m'aide à passer le temps :
"Avec un peu de chance on partira à l'heure de notre arrivée"
"Tu vas voir qu'ils vont nous faire une grève pour pas avoir à rembourser"
"Y'a trop de travail en France"
"Le départ est imminent depuis 90 minutes et moi je commence seulement à m'énerver"
"Quelle chance il n'est pas encore 21.00"
"Regarde mon chéri, c'est la blague, il y a une panne au poste informatique de Melun"
" - et encore j'ai pu dévaliser (sic) la voiture bar, j'ai ramené plein de bouteilles d'eau
- c'est incroyable qu'ils les vendent
- depuis que c'est plus la même boîte
- oui mais pour les enfants..."
" - quand est-ce qu'il part le train
- on sait pas, c'est la surprise, c'est des farceurs les conduiseurs (re-sic MERDE !) de trains"
J'arrête là. Le train part et tout le monde applaudit jaune. Je ne savais pas que c'était possible.
mardi 24 février 2015
la chaîne poétique
Il y a cette idée qui rode autour de mon âme. Celle que la poésie est
là, dans les moindres aspérités de la vie qui nous est en permanence
présentée à observer. Dans les moindres imperfections de l'Humain.
Que cette poésie est comme le jus d'orange pressées, délicieux et parfois un peu fort. Qu'elle est l'intérieur de la réalité. Ce que notre esprit peut ajouter à la simple existence. Que ce bleu n'est pas seulement la couleur de cette écharpe mais aussi celle du sang qu'exprimerait une blessure symbolique faite à quelqu'un qu'on aime. Que ce satiné n'est pas seulement la surface de cette feuille d'arbre vers laquelle on ne peut s'empêcher de tendre la main mais aussi celui de cette chevelure dans laquelle on veut passer les doigts inlassablement. Que cette odeur n'est pas seulement la millième répétition d'un parfum mille fois croisé mais aussi celui de cet amour d'avant, d'avant Avant, celui pour lequel nos ongles ont creusé nos paumes et nos dents rongé l'intérieur de nos joues. C'est ça ma définition de la poésie, c'est le sens supplémentaire que chacun donne à la Vie Réelle que nous partageons tous mais pour laquelle nous avons un prisme unique. Ce logo sur une parka qui rappelle les couleurs du Canada, qui rappelle à son tour les ours polaires jouant dans la neige, qui rappelle les oursons qui découvrent la vie dans leurs premières heures, qui rappellent les nourrissons récemment croisés, partout, qui rappellent l'amour étourdissant des parents encore transis de ce miracle, qui rappellent l'amour qu'on porte ou qu'on a porté, qui rappelle l'histoire de notre vie, qui rappelle l'enfance, qui rappelle les jouets, qui rappelle les jeux et les rires, qui rappellent les cousins, qui rappelle l'émerveillement de la découverte des autres, qui rappelle le quotidien à croiser les gens, qui rappelle qu'on a raté la station à force de se rappeler.
Alors on rouvre les yeux, on recommence à observer, à lire, à chercher des éclats de réel qui vont nous inspirer. On retrouve le soleil d'hiver et le froid qui coupe les oreilles. On retrouve la myriade de gens qui vivent et dont la trame des existences est une tapisserie mille fois plus longue que Bayeux et cent mille fois plus chatoyante.
Que cette poésie est comme le jus d'orange pressées, délicieux et parfois un peu fort. Qu'elle est l'intérieur de la réalité. Ce que notre esprit peut ajouter à la simple existence. Que ce bleu n'est pas seulement la couleur de cette écharpe mais aussi celle du sang qu'exprimerait une blessure symbolique faite à quelqu'un qu'on aime. Que ce satiné n'est pas seulement la surface de cette feuille d'arbre vers laquelle on ne peut s'empêcher de tendre la main mais aussi celui de cette chevelure dans laquelle on veut passer les doigts inlassablement. Que cette odeur n'est pas seulement la millième répétition d'un parfum mille fois croisé mais aussi celui de cet amour d'avant, d'avant Avant, celui pour lequel nos ongles ont creusé nos paumes et nos dents rongé l'intérieur de nos joues. C'est ça ma définition de la poésie, c'est le sens supplémentaire que chacun donne à la Vie Réelle que nous partageons tous mais pour laquelle nous avons un prisme unique. Ce logo sur une parka qui rappelle les couleurs du Canada, qui rappelle à son tour les ours polaires jouant dans la neige, qui rappelle les oursons qui découvrent la vie dans leurs premières heures, qui rappellent les nourrissons récemment croisés, partout, qui rappellent l'amour étourdissant des parents encore transis de ce miracle, qui rappellent l'amour qu'on porte ou qu'on a porté, qui rappelle l'histoire de notre vie, qui rappelle l'enfance, qui rappelle les jouets, qui rappelle les jeux et les rires, qui rappellent les cousins, qui rappelle l'émerveillement de la découverte des autres, qui rappelle le quotidien à croiser les gens, qui rappelle qu'on a raté la station à force de se rappeler.
Alors on rouvre les yeux, on recommence à observer, à lire, à chercher des éclats de réel qui vont nous inspirer. On retrouve le soleil d'hiver et le froid qui coupe les oreilles. On retrouve la myriade de gens qui vivent et dont la trame des existences est une tapisserie mille fois plus longue que Bayeux et cent mille fois plus chatoyante.
mercredi 11 février 2015
les matins bleus
il est 6heures16 sur France Info et dans ma vie. Un coup d'œil par la fenêtre m'annonce que le Soleil est en périphérie de la Terre déjà, maintenant que les jours rallongent il y est un peu plus tôt. Ça me permettra de faire une belle photo de soleil levant sur à peu près n'importe quelle perspective urbaine, en ce moment, le soleil s'y prête et tout parait beau dans cette lumière d'été rasante comme en hiver. Il y aussi ce sentiment curieux de paix quand la journée n'a pas encore commencé. Comme être en avance sur sa journée. C'est jouissif et enivrant, comme si le jour cette fois ne nous refusait pas tout ce dont il était encore la réserve.
Il est 6heures18 sur France Info, je suis réveillé, je reprends le cours de ma vie.
Il est 6heures18 sur France Info, je suis réveillé, je reprends le cours de ma vie.
vendredi 6 février 2015
jus d'humain fraîchement pressé
Presque comme chaque matin, je suis émerveillé de la diversité des visages que le métro charrie. Cette femme, entre deux âges, au cerne fatigué, les yeux scrutateurs du plan de la ligne, préoccupée sûrement du temps lui restant à se faire transporter, cette autre en pleine phase de remaquillage dont la dextérité laisserait sans voix n'importe quel soliste de harpe, ce couple d'amoureux d'à peine 20 ans, lui levant les yeux vers son soleil personnel, le regard chargé d'anxiété, sûrement terrorisé à l'idée que cet astre par lui élu cesse, un jour, de briller pour lui seul.
Cet homme à la tête augmentée d'un casque audio dont la dimension assure "une parfaite isolation du monde extérieur", à laquelle l'on pourrait ajouter la cécité pour lui garantir une mort tranquille.
Cet homme au sourire mangé dont la peur est palpable, pourquoi pas pour ses enfants, et dont le petit dernier peine en mathématiques, au risque d'être orienté en fin de cinquième.
Cet autre, tellement ressemblant à Will Smith et à la mise impeccable, au charme magnétique et dont on perçoit dans la lumière électrique que la densité de l'air s'altère dans sa proximité immédiate.
Cette femme, sur le quai d'en face, aux jambes interminables bottées de cuir noir comme une nuit sans lune et dont la focalisation des regards des passagers doit constituer une source d'énergie renouvelable encore inexploitée.
Cette poussette à l'empattement de char d'assaut, propulsée par une maman essoufflée qui s'est sûrement assuré seule de la descente de deux volées d'escalier format RATP, assurant la mobilité maladroite de deux bambins qui posent sur ce monde souterrain un regard de rayons X qui transperce toute réserve et toute hypocrisie.
Cet homme dont le métier doit être de s'assurer qu'on capte bien dans le métro, même à voix très haute et qui ne cesse de rappeler son interlocuteur qui, lui, doit tester la réception depuis une cave du 20ème arrondissement.
Les freinages "puissants" du métro qui ne peuvent avoir pour autre but que de former des légions de pilotes de chasse.
Ces agents débonnaires, représentants costumés d'uniformes du règlement intérieur mais dont il est manifeste que s'ils s'écoutaient, il y aurait de la musique dans les couloirs.
--
Le métro, mon bouillon d'humanité.
Mon rattrapage de vie.
Cet homme à la tête augmentée d'un casque audio dont la dimension assure "une parfaite isolation du monde extérieur", à laquelle l'on pourrait ajouter la cécité pour lui garantir une mort tranquille.
Cet homme au sourire mangé dont la peur est palpable, pourquoi pas pour ses enfants, et dont le petit dernier peine en mathématiques, au risque d'être orienté en fin de cinquième.
Cet autre, tellement ressemblant à Will Smith et à la mise impeccable, au charme magnétique et dont on perçoit dans la lumière électrique que la densité de l'air s'altère dans sa proximité immédiate.
Cette femme, sur le quai d'en face, aux jambes interminables bottées de cuir noir comme une nuit sans lune et dont la focalisation des regards des passagers doit constituer une source d'énergie renouvelable encore inexploitée.
Cette poussette à l'empattement de char d'assaut, propulsée par une maman essoufflée qui s'est sûrement assuré seule de la descente de deux volées d'escalier format RATP, assurant la mobilité maladroite de deux bambins qui posent sur ce monde souterrain un regard de rayons X qui transperce toute réserve et toute hypocrisie.
Cet homme dont le métier doit être de s'assurer qu'on capte bien dans le métro, même à voix très haute et qui ne cesse de rappeler son interlocuteur qui, lui, doit tester la réception depuis une cave du 20ème arrondissement.
Les freinages "puissants" du métro qui ne peuvent avoir pour autre but que de former des légions de pilotes de chasse.
Ces agents débonnaires, représentants costumés d'uniformes du règlement intérieur mais dont il est manifeste que s'ils s'écoutaient, il y aurait de la musique dans les couloirs.
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Le métro, mon bouillon d'humanité.
Mon rattrapage de vie.
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