mardi 27 mai 2014

la couleur de l'humanité

Je me prends à rêver d'un monde onirique fait de personnages à cornes et à plumes, aux formes fantastiques et parfois menaçantes, aux couleurs aveuglantes ou captivantes, où les rouges cuivres répondraient aux jaunes à corde, où les noirs rythmiques se tiendraient main dans la main avec les bleus aériens.

Et où la voix des isolationnistes serait inaudible et considérée - comme celle des fous - inepte.

Parce qu'après tout, pas plus que la leur, ma vie ne vaut d'être vécue dans la lutte et la paranoïa.
Parce qu'après tout, autant que pour moi, ces mélodies sont par eux chéries.
Par ce qu'après tout, sans les autres, humain de cette Humanité à l'instinct tellement grégaire qu'elle en vient à construire ces villes superbes et insensées, je ne suis rien.
Parce qu'après tout, il n'est pas difficile de reconnaître dans le réflexe de blâmer l'autre, cette mécanique qui fait parfois rire, qui voit les petits enfants dénoncer les autres dans les cours de recréation ou mentir pour s'affranchir.
Parce qu'après tout, il est - me semble-t-il - commun à toute forme de civilisation d'honorer l'effort et d'honnir la lâcheté.
Alors à ceux qui clament que tel pays ou tel territoire il faut l'aimer ou le quitter, je rétorquerai volontiers qu'en réalité c'est à une échelle d'une magnitude bien supérieure qu'il convient de réfléchir et que c'est ce monde dont il faut finalement accepter l'irrépressible et stupéfiant entrelacement.
Qu'il convient de faire preuve de suffisamment d'humilité pour considérer la misère de la condition humaine, de la sienne propre, et que ce que je veux n'est que très rarement dans les mains de l'autre.
Qu'il convient finalement de faire preuve de suffisamment de courage et de noblesse d'âme pour faire face, faire face, et faire face encore, pour notre bonheur à tous, bien supérieur à la somme du bonheur de chacun.