vendredi 24 juillet 2015

la brume et la révolution

Je vis l'un de ces matins demi-brumeux qui succède à une nuit agitée qui fermait une journée grinçante. Lorsque la nuit à retraité, à la façon d'une station d'épuration, le flot de nos pensées, en a soustrait les produits toxiques, les composés dangereux et les encombrants. Pour laisser revenir à la surface l'essentiel de nos préoccupations ou de nos anxiétés ou de nos joies, comme une sorte de puissant agent nettoyant. C'est là, au cœur de ce courant transparent qui reprend peu à peu ses droits sur la pollution des pensées de la veille, qu'apparaissent à nouveau ceux dont le souvenir mouille nos yeux de la rosée de la nostalgie, ceux dont l'image redessine nos lèvres en un parfait O d'admiration, ceux dont la pensée illumine notre visage d'un croissant de sourire magnifique et irrépressible. C'est là que nous reprenons inlassablement, jour après jour, le cœur de combattre l'adversité, la bêtise, l'ignorance et d'affronter notre propre faiblesse, notre si tentante mauvaise foi et notre lâcheté, celle qui nous fait nous détourner de nos vrais vœux, de nos vrais amours, de nos vraies ambitions, de nos vrais combats.

Lorsque cette force nous saisit à nouveau, que la brume se déchire en un instant et que le paysage de notre vie nous est révélé avec une acuité rare et une altitude époustouflante, à la façon d'un oiseau de proie puissant et tranquille, et qu'apparaissent à nouveau les manquement grossiers qui sont les nôtres, ceux qui seront nos luttes quotidiennes dans un mois, une semaine ou dès demain, alors nous avons sur nous-même une emprise totale, de celles qui font les pyramides ou les dynasties. Alors nous sommes ces humains au cœur desquels se niche un univers entier. Alors l'on peut croire à la révolution, alors l'on peut affronter des murs d'incompréhension, alors on peut exister davantage qu'être ou simplement survivre.

Je voudrais ça chaque matin.