mercredi 17 décembre 2014

la couleur de l'hiver

Je reste interdit devant l'éclat de cette canine dans le sourire de l'inconnue aux jambes effilées, penchée sur une rose publique, comme à l'affût du printemps encore si loin. Ce sourire qui ramène soudain du jaune dans ce soleil gris, du doré et du rouge, une brusque effervescence de chaleur et de joie dans ce monde si triste, sourd et muet. Là où je ne vois que gémissements et pleurs, d'un bout à l'autre de la planète. Là où l'on me remplit les oreilles chaque matin, avec une application et une méticulosité toute professionnelle, de mesures précises de la détresse du monde. Là où l'on m'assène avec un rythme sourd et irrépressible, que la mort est une constante et a même une couleur. Là où l'on me rappelle quotidiennement que mon équilibre précaire, entouré qu'il est de ravins profonds comme des fleuves, aux flots impétueux et mortels, est sujet au bon vouloir de puissances réputées occultes, seulement accessibles par courrier postal mais dont les ordres sont dictés au monde par email.

Là, lorsque la couleur renaît, elle attire le regard comme une tâche sur une toile cirée. Et qu'un rapide coup d'éponge peine à faire disparaître, étale au contraire, et la couleur devient plus profonde, presque vivante sous la main retirée avec effroi parce que cette tâche contredit le bruit général de dépression. Et lorsqu'un œil approché distingue, au milieu de cette étendue grandissante, les sourires de la multitude et les éclats de rire de la foule, que les sentiments profonds liants les gens les uns aux autres apparaissent à leur tour comme autant de nerfs dans la viande, trop durs à couper, impossibles à digérer pour le pessimiste, alors l'observateur sensé sourit à son tour, ajoutant cette joie subite à la couleur nouvellement née.

jeudi 11 décembre 2014

forgiveness and light

I did not expect, in the metro, contemplating a woman being molested by someone else's perfect carelessness, eat her lips while overwhelmingly infuriated, wait for calm to return, turn back to the offender, wait for an improbable apology, turn back again, and then,...

Forgive.

Suddenly a complete ray of sunny and magnificent light descended upon her as she got blessed with forgiveness and she looked incredibly beautiful and serene.

Of which I fell jealous of.

samedi 27 septembre 2014

la surdité charismatique

Je me demande s'il existe dans la société Humaine, beaucoup de chose plus silencieuse et pourtant impressionnante qu'une manifestation de sourds-muets. Voyez la clameur de leur protestations, traduite par un ballet presqu'aveuglant de langue des signes.
Et dire qu'en plus il y a encore des gens pour défendre la discrimination du handicap, pour ne pas être rendus humble par la survivance de l'humain face à la peine.
P****.
Heureusement qu'on a l'espoir.

mercredi 3 septembre 2014

le bus de nuit

J'aime ce moment si particulier du bus de nuit, en pleine nuit, avec Billie Jean à fond dans les oreilles dans cette ville si lumineuse, à défaut des Lumières. Le souvenir du clip et le paysage se mêlant en une si jolie poésie instantanée, le goût de la mélancolie en plus. L'absence d'effort mais le paysage qui défile. Isolé du monde extérieur.
Comme un sentiment d'impunité et d'hors d'atteinte, jouissif.
Comme une fraction de temps en paix.
Comme la sérénité teintée de plaisir.
Comme un éclat de rire de bonheur.

mardi 27 mai 2014

la couleur de l'humanité

Je me prends à rêver d'un monde onirique fait de personnages à cornes et à plumes, aux formes fantastiques et parfois menaçantes, aux couleurs aveuglantes ou captivantes, où les rouges cuivres répondraient aux jaunes à corde, où les noirs rythmiques se tiendraient main dans la main avec les bleus aériens.

Et où la voix des isolationnistes serait inaudible et considérée - comme celle des fous - inepte.

Parce qu'après tout, pas plus que la leur, ma vie ne vaut d'être vécue dans la lutte et la paranoïa.
Parce qu'après tout, autant que pour moi, ces mélodies sont par eux chéries.
Par ce qu'après tout, sans les autres, humain de cette Humanité à l'instinct tellement grégaire qu'elle en vient à construire ces villes superbes et insensées, je ne suis rien.
Parce qu'après tout, il n'est pas difficile de reconnaître dans le réflexe de blâmer l'autre, cette mécanique qui fait parfois rire, qui voit les petits enfants dénoncer les autres dans les cours de recréation ou mentir pour s'affranchir.
Parce qu'après tout, il est - me semble-t-il - commun à toute forme de civilisation d'honorer l'effort et d'honnir la lâcheté.
Alors à ceux qui clament que tel pays ou tel territoire il faut l'aimer ou le quitter, je rétorquerai volontiers qu'en réalité c'est à une échelle d'une magnitude bien supérieure qu'il convient de réfléchir et que c'est ce monde dont il faut finalement accepter l'irrépressible et stupéfiant entrelacement.
Qu'il convient de faire preuve de suffisamment d'humilité pour considérer la misère de la condition humaine, de la sienne propre, et que ce que je veux n'est que très rarement dans les mains de l'autre.
Qu'il convient finalement de faire preuve de suffisamment de courage et de noblesse d'âme pour faire face, faire face, et faire face encore, pour notre bonheur à tous, bien supérieur à la somme du bonheur de chacun.

vendredi 11 avril 2014

téléportation

Et puis subitement l'odeur des œufs brouillés du matin, il y a 1 an ou peu s'en faut, et le soleil du jeune été 2013, à New-York, en une escapade incroyable à apercevoir cette ville le temps d'un clin d'œil, la verdure du front de l'Hudson au bas de la 145eme rue.
Le déclic insensé d'alors qui aurait dû avoir lieu mille ans auparavant.
L'appétit de l'humain, la célébration de l'égalité de l'Homme et le souvenir fulgurant d'une conversation engagée sur un trottoir et poursuivie jusqu'au point du jour.
Non la nostalgie mais l'espoir rivé au cerveau que si cela a eu lieu, cela se reproduira.
Et trouver que les choses sont de fait, mieux ainsi.